Société

La « dette sexuelle », une pratique dévastatrice

(PouSiOuPaTKonnen) – Une étude récente met en lumière la question de la « dette de sexe » rencontrée particulièrement chez les jeunes femmes. Il s’agit d’un phénomène où des échanges financiers, matériels ou symboliques, un simple service rendu, etc., peuvent générer un sentiment de redevabilité sexuelle. L’étude, menée en Suisse, révèle que certaines femmes (mais aussi des hommes) acceptent des relations sexuelles non désirées par crainte de créer des attentes après avoir bénéficié de gestes attentionnés. Élucidons cette pratique dévastatrice qui ronge à petit feu les relations humaines et à laquelle se livrent aveuglément des personnes, parfois sans même s’en rendre compte.

En effet, selon Anne Morrow Lindbergh, femme de lettres américaine, « on ne peut jamais vraiment dire sa gratitude ; on peut seulement être gentil soi-même à un autre moment de la vie ». Ainsi, dans la vie courante, les gens sont souvent contraints d’exprimer cette gentillesse avec leur corps, voire par des relations sexuelles. C’est ce que les spécialistes appellent « la dette de sexe » ou « dette sexuelle ». Léa Séguin, chercheuse en sexologie, souligne que cette idée repose sur une vision problématique de la sexualité, la considérant comme un moyen d’échange plutôt qu’une source de plaisir mutuel.

Les résultats d’une enquête menée en Suisse sur les transactions sexuelles soulignent que 53 % des femmes interrogées ont accepté des relations sexuelles sans désir. Bon nombre d’entre elles avouent avoir consenti par sentiment de redevabilité. Cependant, il est crucial de reconnaître que la « dette de sexe » n’est pas exclusivement une problématique féminine puisque les hommes également, soit 23% selon l’enquête, ont parfois ressenti une pression pour initier des rapports sexuels, illustrant les défis liés aux attentes liées aux rôles sexuels traditionnels.

Mentionnons que la « dette de sexe » ne concerne pas que les célibataires. Beaucoup d’hommes et de femmes mariés se retrouvent dans des situations où ils sont contraints par cette pression sociale d’exprimer leur gratitude pour une promotion, un service domestique, un verre, un hébergement, des conseils avisés où n’importe quel autre service pour lesquels ils ne peuvent payer qu’en nature vu que le service rendu crée une soi-disant attente chez l’autre.

Sachez que, très souvent, un MERCI sincère peut grandement suffir. Après tout, si les deux concernés ne s’étaient pas entendus au préalable pour un prix ou une compensation quelconque, il n’y a nulle raison de se sentir redevable. D’ailleurs, ça nuit énormément aux philanthropes et aux altruistes qui, eux, s’offrent à l’autre, et donnent la priorité à la satisfaction des besoins de l’autre de manière entièrement désintéressée.

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