(PouSiOuPaTKonnen) – Une demande a été faite au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) pour transformer la Mission multinationale présente en Haïti en une force de maintien de la paix de l’ONU. Pour cela, le Conseil, réuni le mercredi 19 novembre, voulait analyser le dossier. Cependant, l’affaire a fait face à un nouvel obstacle venant de la Russie et de la Chine.
En effet, ces deux pays sont des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Cela leur permet d’opposer leur véto à une mesure, et c’est ce qu’ils ont fait mercredi quand ils ont di NON à la transformation de la mission multinationale en force de maintien de la paix de l’ONU.
Pour l’ambassadeur adjoint de Chine, Geng Shuang, une mission de maintien de la paix exige d’abord la paix, ce qui n’existe pas actuellement en Haïti. Ensuite, ajoute-t-il, l’ONU a dépensé 8 milliards de dollars en Haïti depuis 1994 en missions de paix ou similaires, argent gaspillé compte tenu des résultats. Pour cela, il estime qu’« en fin de compte, c’est aux Haïtiens de sortir Haïti de sa situation difficile, et aucune aide extérieure ne résoudra ses problèmes fondamentaux. »
L’ambassadeur adjoint de la Russie, Dmitri Poliansky, de son côté, a souligné l’illégitimité du gouvernement actuel d’Haïti. Il estime que le retour des casques bleus « est très controversé » et que dans « la société haïtienne (et) toutes les sphères de la société haïtienne sont extrêmement prudentes contre toute forme d’ingérence étrangère ».
Pour Poliansky, les Haïtiens « n’oublient pas les leçons regrettables de la Minustah ». Il a aussi souligné que « le rôle des soldats de maintien de la paix est de maintenir la paix, non de lutter contre la criminalité dans les zones urbaines, ni de sauver un État dysfonctionnel ». Ce qui fait que la mission des Casques bleus demandée par Haïti ne sera pas possible – du moins pour l’instant – en raison de l’opposition de la Chine et de la Russie.



