(PouSiOuPaTKonnen) – Les actes sexuels à risque, de plus en plus populaires, peuvent entraîner des conséquences dramatiques telles que des accidents vasculaires cérébraux (AVC), des crises d’épilepsie et même une paralysie.
Dans le monde du sexe, l’étranglement sexuel, « kle kou » en créole haïtien, est une pratique dangereuse qui gagne du terrain. Normalisé par la pornographie, cet acte considéré par certains comme un divertissement intense peut pourtant causer de graves lésions cérébrales. Ses effets ne sont pas toujours immédiats et peuvent survenir des jours, des semaines, voire des années plus tard.
Selon les experts, chaque épisode augmente le danger, quelle que soit la fréquence ou la douceur avec laquelle les partenaires croient pratiquer. Et une étude publiée cette semaine dans la revue Archives of Sexual Behavior révèle que plus de la moitié des adultes australiens âgés de 35 ans et moins ont déclaré avoir été étranglés par un partenaire lors d’un rapport sexuel.
Cette pratique connue sous le nom de « Kle kou »en Haïti, consiste à exercer une pression sur le cou, restreignant la circulation sanguine ou la respiration pour intensifier l’expérience sexuelle. Elle s’accompagne souvent de dynamiques de domination et de soumission, et peut impliquer l’usage des mains, des bras, des pieds ou encore d’objets tels que ceintures et cordes.
Dans la pornographie, le terme « étouffement » est souvent employé, bien qu’il diffère techniquement de l’étranglement.
Selon les spécialistes le cou est d’une fragilité alarmante. Même une pression légère comparable à celle nécessaire pour ouvrir une canette de soda peut suffire à provoquer une perte de connaissance et des lésions cérébrales.
Les conséquences immédiates incluent ecchymoses, gonflement du cou, vertiges, troubles de la vision et difficultés à avaler. Chez une personne souffrant d’hypertension, une perte de connaissance peut survenir en seulement quatre secondes, indiquant déjà une lésion cérébrale légère.
Au-delà de l’évanouissement, la strangulation peut entraîner en quelques minutes une paralysie ou un décès.
Les effets de l’étranglement sexuel peuvent egalement se manifester bien plus tard, altération de la voix, incontinence, convulsions, troubles cognitifs (mémoire, concentration, prise de décision), anxiété, dépression, fausses couches et accidents vasculaires cérébraux.
Une étude de 2022 a même identifié l’étranglement, y compris dans le cadre de violences domestiques, comme la deuxième cause la plus fréquente d’AVC chez les femmes de moins de 40 ans.
Une autre recherche, publiée en mai dernier, a montré que le sang de femmes étranglées au moins quatre fois dans le mois présentait des niveaux élevés de S100B, un biomarqueur de lésions cérébrales. Les chercheurs établissent donc un lien direct entre la popularisation de cette pratique et la pornographie, qui en a fait une norme sexuelle pourtant extrêmement dangereuse.




