(PouSiOuPaTKonnen) – C’est l’histoire tragique de Morelda et Modeline Louis, rapportée par Michel Legros dans une tribune publiée par AlterPresse le dimanche 24 août 2025. Ces deux femmes ont été interceptées, battues puis assassinées par des individus identifiés comme étant des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH). Ce, après une échange entre les deux victimes et des bandits.
Selon ce qu’on peut lire, le vendredi 22 août dernier, Morelda Louis et Modeline Louis quittent leurs domiciles situés en retrait de la route de l’aéroport pour aller chercher leurs enfants revenant de Lascahobas. En cours de route, elles rencontrent une patrouille d’hommes armés qui les interpellent et elles auraient eu un échange avec eux. D’après la tribune, « les deux femmes, vivant dans la zone depuis de nombreuses années, connaissaient sans doute certains de ces hommes avec qui elles avaient grandi, peut-être partagé l’école et l’enfance », et, malheureusement, « c’est précisément ce voisinage banal, qui allait provoquer leur mort ».
En effet, un drone qui aurait observé la scène aurait alerté un char blindé. Arrivées sur l’autoroute de l’aéroport, Morelda et Modeline ont été « interceptées », « battues, torturées, puis livrées à une Toyota de la Pnh, non immatriculée, qui les emmène pour les exécuter ».
Morelda et Modeline s’en vont tragiquement et laissent derrière elles des enfants orphelins et des familles plongées dans le deuil. Ce cas illustre la vie pénible que mènent les citoyens qui habitent dans des zones contrôlées par des bandits, comme Carrefour, Martissant, centre-ville, bas Delmas, plaine du Cul-de-sac, etc., qui doivent affronter la terreur des gangs et la peur de se déplacer, par crainte d’être la cible de la police ou de la population.
Comme l’a précisé Legros dans la tribune, Morelda et Modeline « n’étaient pas responsables du fait que, dans plusieurs régions, ce sont des bandits qui exercent le pouvoir, remplacent l’État et imposent leur loi ». Et si « désormais la Pnh décide d’abattre toute personne surprise en train de parler avec les hommes armés », tuera-t-elle tous les habitants, prisonniers des bandits, qui habitent dans les zones contrôlées par ces derniers ?


