(PouSiOuPaTKonnen) – L’Académie diplomatique Jean Price Mars (ADJPM), organe du Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes (MAEC), a accueilli 30 jeunes en mars 2023. Ils devaient suivre une formation de maîtrise en Diplomatie afin de doter le ministère de cadres pour rehausser la diplomatie haïtienne. Cependant, environ dix mois depuis l’arrivée de cette nouvelle promotion, le ministère n’a respecté aucun de ses engagements. Les étudiants, frustrés et ne voulant pas quitter le pays, réclament ce qui leur revient de droit.
En effet, ces étudiants ont été recrutés sur la base d’un concours. Une fois qu’ils ont franchi cette étape, ils sont automatiquement des étudiants-fonctionnaires et dans la hiérarchie diplomatique, ils ont le grade attaché 1. Pour cela, ils doivent recevoir leur lettre de nomination et un salaire mensuel. Pourtant, selon nos sources, depuis ces dix mois, ces étudiants n’ont encore rien reçu. Durant toute cette période, ils n’ont pas choisi l’option de se rendre aux États-Unis dans le programme Humanitarian Parole (Programme Biden) et ont décidé de braver les dangers pour se rendre à l’Académie, alors que le ministère les ignore totalement.
L’Académie diplomatique Jean Price Mars a été créée dans le cadre d’un programme de maîtrise (Master 2) en Diplomatie. Les postulants admis sont des étudiants-fonctionnaires, ce qui doit leur permettre de s’affranchir de quelques soucis économiques pour entamer leurs études. Si, après avoir réussi le concours, ils devraient avoir certains accompagements pour suivre le programme, cela n’a pas été le cas. Selon notre contact, en dépit de diverses démarches déjà entreprises auprès du ministère, rien n’a encore été fait, le statut de ces 30 jeunes n’a toujours pas été régularisé.

SOURCE : Académie diplomatique Jean Price Mars / Facebook
Devant cette situation, ces jeunes [qui ont choisi de ne pas quitter le pays] ne savent plus quoi faire, surtout dans un contexte où des informations laissent croire que le gouvernement d’Ariel Henry a nommé des proches de plusieurs membres de l’Éxécutif illégalement dans la diplomatie haïtienne à l’étranger. Faut-il croire que, pour réussir sa vie, il faut à tout prix quitter le pays? Le gouvernement veut-il montrer qu’emprunter la voie légale n’est pas la bonne option pour intégrer la diplomatie haïtienne? Considérant ce cas particulier, quel est l’avenir d’Haïti sur le plan diplomatique?



