(PouSiOuPaTKonnen) – La situation est alarmante en Haïti. En proie à la violence des gangs armés, la région métropolitaine de Port-au-Prince ne peut plus résister. Les déplacés de Carrefour feuilles arpentent l’un après l’autre les camps de fortune et atterrissent à Pétion-Ville. Laissés pour compte, ils expriment leur douleur.
Dans une vidéo difusée par radio télé Galaxie ce samedi 22 mars 2025, la douleur est visible sur la visage de ces rescapés. « J’habitais à Carrefour feuilles. J’ai été chassé par les bandits armés, je n’ai rien sauvé. Je vis dans la rue avec ma femme et mes cinq enfants, je ne travaille plus. En décembre, des voleurs m’ont attaqué et ont emporté ma brouette. Depuis, je ne fais rien. », se plaint un homme. Plus loin, il accuse les autorités de l’État d’être responsables de sa situation.

« Ce que je vis est de la responsabilité de l’État. Sinon, elles feraient tout pour garantir notre sécurité », a-t-il déclaré, regrettant que sur la place de Saint Pierre, à Pétion-Ville, où ils se sont réfugiés, ils doivent confronter le soleil et la pluie et n’ont pas été visités ni assistés par les autorités municipales.
Une dame, presque sans voix, explique les mêmes calamités. Elle rapporte avoir fui son quartier (Carrefour feuilles) pour se réfugier à « Bariajou » pour, ensuite, fuir à nouveau à cause des attaques des bandits armés pour se réfugier à Pétion-Ville. « J’ai tout perdu, mêmes les pièces (acte de naissance, carte d’identité) des enfants. Je n’ai pas de moyens pour m’occuper d’eux, les autorités nous ont abandonnés. On arrive à résister grâce à l’intervention de certains passants », a-t-elle lamenté.

La situation de crise aiguë que connait Haïti fait rage depuis des années. On se le rappelle, en juin 2021, les habitants de Martissant ont été contraints de fuir leurs maisons. À l’époque, Jovenel Moïse était président et Claude Joseph, le Premier ministre, s’était contenté de faire du « show off » sur la Route nationale #2 sans aborder réellement le problème. Et finalement, la plaie a touché et ravagé presque toute la capitale.
D’Ariel Henry au Conseil présidentiel de transition (CPT), arrivé au pouvoir pour éradiquer le fléau, rien n’a changé, sinon que du sur place. Entre-temps, la population est aux abois, les gangs gagnent du terrain, Haïti s’engouffre encore plus dans la crise. Passivité des autorités, démonstration de force des bandits, population constamment en fuite : s’agit-il de l’exécution d’un plan bien orchestré ? Quelle est véritablement la mission des bandits armés ? À quand la fin de tout cela en Haïti ?




