(PouSiOuPaTKonnen) – Le Conseil présidentiel de transition (CPT) est en fonction il y a déjà deux semaines. Depuis, les membres n’ont fait que se livrer dans une lutte acharnée pour le pouvoir. Qui doit occuper le poste de président, formation de bloc dit indissoluble, les intérêts sont de taille. Mais, paraît-il, les calamités auxquelles font face la population ne font pas partie de l’agenda. La preuve, depuis l’arrivée des membres, aucune mesure n’a encore été prise pour libérer les Haïtiens notamment du joug des gangs ; le calvaire des citoyens continue.
Haïti a tellement de problèmes qu’on pourrait se demander lequel devrait être abordé en premier. Cependant, cela ne donne à aucune autorité le droit de rien faire ou, tout au moins, de lutter que pour sa survie politique en continuant d’ignorer les problèmes de base et laisser la masse dans la crasse.
Il est clair que la gouvernance d’Ariel Henry n’a fait qu’engloutir un peu plus Haïti. Les attentes sont donc nombreuses avec l’arrivée au pouvoir du Conseil présidentiel de transition (CPT). Pourtant, deux semaines depuis leur prise de fonction, les membres du CPT n’ont abordé aucun problème majeur qui ronge la société. À titre d’exemple, la majorité des écoles sont toujours fermées, les déplacés à cause des exactions des gangs ne peuvent toujours pas retourner chez eux, sinon que le nombre s’est augmenté après les récentes attaques perpétrées contre les quartiers de Delmas 24, Delmas 30, Christ-Roi, etc. Outre cela, le problème du carburant persiste.
Gustavo Petro, le président de la Colombie, a rapporté que plus d’un million de munitions, dont des missiles, ont été disparus dans deux bases militaires de son pays. Selon ses estimations, ces matériels pourraient être acheminés vers Haïti pour alimenter les gangs armés. Comme Ariel Henry avait l’habitude de le faire : le Conseil présidentiel de transition a catégoriquement minimisé le dossier. Il n’a même pas commenté le sujet, voir annoncé des mesures, dont des enquêtes, pour déterminer si réellement ces munitions auraient été acheminées vers le sol haïtien.
« Lari Pòtoprens santi. Kadav tout kote. Kretyen vivan ap mouri chak jou. Tout moun gen bout teren ». Le peuple haïtien est devenu prisonnier chez lui. Personne ne peut se rendre comme bon lui semble dans certaines zones, par peur d’être tué par les bandits armés de « Viv ansanm ». Le bas du centre-ville de Port-au-Prince n’existe plus. Les marchés publics sont disparus. Que sont devenus les commerçants de marché Salomon ? Et ceux qui étalaient leur commerce à proximité du stade Sylvio Cator ? Où sont passés les pharmaciens de la rue Monseigneur Guilloux ? De quoi vivent les professeurs ? « E ti machann ki te konn defann lavi yo devan lekòl yo » ?
Aucune réponse. Aucune décision. Aucune annonce. Le pire, aucune vision pour aborder les problèmes majeurs de la population. Par contre, le CPT a adopté une mesure instaurant une présidence tournante où quatre conseillers auront à occuper la fonction de président chacun à son tour. Comme Ariel Henry l’avait fait, ils ne font que défendre leur intérêt personnel en leur assurant qu’ils sont au pouvoir et qu’ils le gardent. Quel est le sort des Haïtiens ? À quoi s’attendre ? Le peuple sera-t-il un jour libéré ou faut-il définitivement quitter le pays ?
Eddyson de Varain

Journaliste, diplômé de l’Université de Port-au-Prince (UP) avec une expérience en rédaction pour les médias numériques, animation de radio, gestion des médias sociaux et création de contenu.




