(PouSiOuPaTKonnen) – « Bèl zèb p ap fè nou mare chwal nou nan falèz ». Tel est le proverbe haïtien qui pourrait traduire ce qui s’est produit ce mercredi 11 octobre entre Haïti et la République Dominicaine. Les Haïtiens, quoique rongés par des crises diverses, veulent apprendre aux Dominicains le sens du mot « DIGNITÉ ». Ayant décidé unilatéralement de fermer la frontière, le président Luis Abinader a annoncé l’annulation de cette mesure pour pouvoir écouler ses produits défectueux sur le marché haïtien. « Poutan, li pa t atann si Ayisyen t ap monte vit sou li, se tankou yo te voye yon plòt krache nan figi l ».
« FPO – Fwontyè a P ap Ouvè » est le nouveau slogan qui prend chair en Haïti. Le président Luis Abinader a annoncé la réouverture de la frontière, mais, fièrement, les Haïtiens ont dit NON. Il s’attendait sûrement à ce que les commerçants haïtiens fassent la queue pour aller se procurer des produits dominicains, mais cela n’a pas été le cas ; « Se te byen konte, mal kalkile. Abinader kanpe lakay li ap tann Ayisyen vin achte, Ayisyen di pa gen bagay konsa, FPO – Fwontyè a P ap Ouvè ».
Un peu partout dans les zones frontalières entre les deux pays, c’est le calme plat. Les Dominicains ont installé leur système pour recevoir les Haïtiens qui n’ont, pourtant, pas fait le déplacement. Tous les efforts sont restés concentrés sur ce projet qui a divisé encore plus les deux nations, « Kanal la p ap kanpe », le projet suit son cours.
Par ailleurs, il faut dire qu’en ce qui a trait à la construction du canal, des élèves à Ouanaminthe se mêlent de la partie. Ils ont eux-mêmes collecté de l’argent pour contribuer à l’avancement des travaux. « Abinader kriye pou dlo », ont-ils chanté en cours de route pour aller visiter le site de la construction du canal.
Si personne ne sait comment va se terminer cette guerre entre ces deux peuples qui habitent l’île, plus d’un croit, entretemps, qu’il ne faut pas arrêter les travaux. Au contraire, croient-ils, on devrait construire plusieurs autres canaux pour utiliser la Rivière du Massacre de manière équitable avec les Dominicains. Cette idée sera-t-elle matérialisée? Certes, on n’en est pas encore arrivé là, mais en attendant, « Abinader pran kalòt la mezi figi l ».




