(PouSiOuPaTKonnen) – Une « note de presse ». C’est par ce seul moyen que la Conférence Épiscopale d’Haïti (CEH) semble pouvoir s’exprimer devant la terreur qui se répand en Haïti. Si les églises peuvent mobiliser des milliers de fidèles pour célébrer les fêtes patronales et préparer leur « vie éternelle », en revanche, la Conférence des Évêques catholiques d’Haïti ne sait rien faire d’autre pour améliorer la vie des fidèles sur terre. En guise d’une action pouvant réellement inverser l’ordre des choses, elle publie une « note de presse » le 8 février 2024 comme pour se moquer de la population.
Si les esclaves ont dû se révolter pour se libérer du joug de l’esclavage ; si en France, en Allemagne, en Espagne, les citoyens organisent des mouvements de protestation pour exiger le respect de leurs droits et de meilleures conditions de vie, en Haïti où il est impossible de vivre, une note de presse s’impose. C’est la route qui mènera vers la solution. Quelle ironie !
Pour célébrer les fêtes patronales, les églises catholiques peuvent mobiliser des milliers de fidèles. La fête de l’Immaculée Conception (8 décembre) et la fête de la Notre-Dame d’Altagrâce (21 janvier) peuvent le prouver. Pour pouvoir préparer la « vie éternelle », on doit descendre dans les rues pour exprimer notre foi, louer Dieu et du coup, prêcher la Bonne nouvelle. Mais pour exiger de meilleures conditions de vie, sur la terre bien sûr, là où nous vivons actuellement, « l’Église a son mode de fonctionnement, nous ne pouvons pas agir comme tout le monde, nous devons prier pour demander à Dieu de nous délivrer ». Misère !
« Lève-toi et marche », nous dit Jésus dans l’évangile de Saint Jean 5, 8, quand il devait guérir l’homme paralysé. Cela signifie que pour que l’homme soit guéri, il fallait qu’il fasse un effort : se lever. Mais dans le cas des Haïtiens, ou encore pour les Évêques catholiques, croit-on, s’il faut libérer Haïti de l’emprise des gangs et de la mauvaise gouvernance, il faut publier une « note de presse ». C’est le seul effort possible.
Dieu nous appelle à mener une vie bien sur terre pour obtenir la vie éternelle. Pour vivre bien, certaines conditions doivent être réunies. Et si les autorités étatiques ne parviennent jamais à garantir ces droits, certes, il faut inviter Dieu à nous aider, mais il faut aussi qu’on fasse un effort.
Si les divers mouvements déjà réalisés n’ont rien donné jusqu’à présent, probablement du fait que trop peu de gens s’y sont impliqués, on pourrait donc se demander à quoi va servir une « note de presse » dans une telle circonstance. Il faut, certes, se tourner « vers le Dieu de la Vie pour implorer son secours bienveillant en faveur de notre Mère Patrie en danger. », mais il faut aussi des actions plus concrètes. Lève-toi et marche !



